MEMOIRE GENETIQUE, MEMOIRE AKASHIQUE


Nous nous intéresserons aux formes subtiles de mémoires, la mémoire transmise génétiquement, la mémoire archétypale et la mémoire akashique. A propos de mémoire akashique, E.Laszlo s'interroge: "Se pourrait-il que notre conscience soit reliée à d'autres consciences par un champ d'interconnexion, un champ akashique, comme les galaxies le sont les unes aux autres dans le cosmos, les quanta dans le microcosme, et les organismes dans le monde vivant?"(1). Il nous propose de considérer tout d'abord l'univers en tant qu'univers "in-formé": "La plupart d'entre nous considèrent l'information comme des données ou comme des connaissances acquises ou transmises. Mais l'information va beaucoup plus loin… Le grand physicien David Bohm l'appelle «in-formation», sous-entendant par là qu'il s'agit d'un processus qui donne réellement «forme» au destinataire. L'in-formation de ce type n'est pas un objet de fabrication humaine ni quelque chose que nous obtenons par l'écriture, le calcul, la parole ou la transmission de message. Ainsi que les anciens l'ont toujours affirmé et que les scientifiques le découvrent aujourd'hui, l'information est également de l'in-formation, c'est-à-dire un lien subtil jusqu'à récemment ignoré qui relie les objets aux événements dans tout l'univers. L'in-formation est un facteur déterminant dans l'évolution de tout ce qui compose le monde réel". Il poursuit, en expliquant le lien existant entre l'in-formation et le champ akashique :"Depuis des milliers d'années, mystiques, prophètes, sages, philosophes ont toujours maintenu l'existence d'un tel champ cosmique [«un champ cosmique qui relie tout à tout, qui conserve et transmet l'in-formation» (ibid.)]. En Orient, on le nommait champ akashique, mais en Occident, la majorité des scientifiques le considérait comme un mythe. De nos jours, cependant, l'horizon s'étant élargi grâce aux dernières découvertes scientifiques, on est en train de redécouvrir ce champ." A la suite, E.Laszlo développe les aspects relatifs à la transmission de l'in-formation à l'intérieur du champ akashique :"Les scientifiques savent… que les interactions entre les objets dans ce monde se font par le biais de l'énergie. Cette dernière peut adopter bien des formes : cinétique, thermique, gravitationnelle, électrique, magnétique, nucléaire, virtuelle ou réelle. Et peu importe sa forme, elle transmet toujours un effet d'un objet à un autre, d'un lieu ou d'un moment à un autre. Ceci est vrai, mais ne constitue pas toute la vérité. L'énergie n'agit pas dans le vide comme tel, mais dans ce qu'on appelle le vide quantique -un vide qui est loin de l'être. Lorsqu'un objet dans le domaine manifesté de l'espace et du temps affecte un autre objet, cet effet est transmis par un espace cosmique dense : le vide quantique. C'est là toute la différence. Le vide enregistre tout ce qui se déroule dans l'espace et le temps, et transmet cette information à tous les autres objets". A propos du vide quantique M.Spiro déclare: "L'origine de la matière, voire de l'Univers, trouve sa source dans le vide quantique… Le vide c'est ce qui reste quand on a tout enlevé. Il reste encore quelque chose, ce sont les fluctuations quantiques qui font apparaître et disparaitre des particules virtuelles, et ces fluctuations font du vide quantique une espèce de soupe virtuelle… Nous sommes des poussières d'étoiles, ça on le savait déjà, mais maintenant on peut dire que la matière, tout ce qui nous entoure, est probablement issu de fluctuations quantiques du vide "(2). Enfin, E.Laszlo nous indique comment nous pouvons entrer en contact avec l'in-formation présente dans l'univers : "Quand nous ne réprimons pas les intuitions, nous pouvons être in-formés par des objets aussi petits que des particules ou aussi grands que des galaxies. C'est ce qu'ont découvert, comme nous l'avons vu, les psychiatres et les psychothérapeutes ayant amené leurs clients à des états modifiés de conscience et ayant enregistré les impressions qui surgissaient dans les esprits de ces derniers. C'est également ce qu'a découvert l'astronaute Edgar Mitchell alors qu'il était dans l'espace : dans un état de conscience plus élevé, fit-il remarquer, nous pouvons entrer en profonde communication avec l'univers. Dans ces états, la conscience propre à chaque cellule du corps entre en résonance cohérente avec ce que Mitchell appelle «l'information holographique inscrite dans le champ d'énergie quantique du point zéro»".

Nous nous interrogerons ensuite sur la notion d'archétype, empruntée à la psychanalyse jungienne, en tant que mémoire collective de l'humanité. "Lorsque je parle de l’atome c’est du modèle que l’on en a construit que je parle ; et lorsque je parle de l’archétype, c’est de ses représentations qu’il s’agit, jamais de la chose en elle-même qui, dans les deux cas, reste un mystère relevant de la transcendance"(3), écrit Jung. Il n'est pas aisé de saisir ce que signifie un archétype pour Jung. Peut-être faut-il rapprocher archétype de noumène. Dans La sociologie et les sciences de la société, on précise: "Les archétypes n'apparaissent pas directement mais sont comme des noumènes, dont les images collectives sont les phénomènes"(4). Selon Jung : "La notion d'archétype… dérive de l'observation, souvent répétée, que les mythes et les contes de la littérature universelle renferment les thèmes bien définis qui reparaissent partout et toujours. Nous rencontrons ces mêmes thèmes dans les fantaisies, les rêves, les idées délirantes et les illusions des individus qui vivent aujourd'hui.Ce sont ces images et ces correspondances typiques que j'appelle représentations archétypiques. Plus elles sont distinctes et plus elles s'accompagnent de tonalités affectives vives… Elles nous impressionnent, nous influencent, nous fascinent. Elles ont leur origine dans l'archétype qui, en lui-même, échappe à la représentation, forme préexistante et inconsciente qui semble faire partie de la structure héritée de la psyché et peut, par conséquent, se manifester spontanément partout et en tout temps"(5). Jung distingue inconscient personnel et inconscient impersonnel ou collectif auquel se rattachent les archétypes : "Comme l'indique déjà le terme (inconscient impersonnel), il ne contient rien de personnel, mais uniquement du collectif, c'est-à-dire ce qui n'appartient pas à un individu unique et spécifique, mais au moins à tout un groupe d'individus, le plus souvent à tout un peuple, voire à toute l'humanité. Ce ne sont pas des acquisitions de l'existence individuelle, mais des produits de formes spirituelles et d'instincts innés"(6). Néanmoins, pour Jung les archétypes ne peuvent pas s'assimiler à des mémoires héréditaires : "Mon point de vue concernant les «résidus archaïques», que j'ai appelés «archétypes» ou «images primordiales», a été constamment attaqué par des gens qui ne possédaient pas une connaissance suffisante de la psychologie des rêves ni de la mythologie. On croit souvent que le terme «archétype» désigne des images ou des motifs mythologiques définis. Mais ceux-ci ne sont rien autre que des représentations conscientes : il serait absurde de supposer que des représentations aussi variables puissent être transmises en héritage. L'archétype réside dans la tendance à nous représenter de tels motifs, représentation qui peut varier considérablement dans les détails, sans perdre son schème fondamental… Mes critiques ont supposé à tort que je voulais parler de «représentations héritées»"(7).

On connaît le poids de la génétique sur l'hérédité. Mais ce qui nous intéresse ici c'est: peut-on "cultiver le changement épigénétique" ? Dawson Church écrit : "Cette image d'un patrimoine génétique qui fluctue d'heure en heure et de minute en minute est en contradiction avec l'image ancrée dans l'esprit du public : que les gènes déterminent tout, de nos caractères physiques jusqu'à nos comportements"(8). Pour infléchir cette idée il cite Carl Ratner, chercheur à l'université d'Etat de Humboldt : "Les gènes peuvent déterminer directement de simples caractéristiques physiques telles que la couleur des yeux. Cependant, ils ne déterminent pas directement les phénomènes psychologiques. Dans ce dernier cas, les gènes produisent un substrat à l'état de potentiel plutôt que de phénomènes particuliers". "Nous sommes en train de découvrir que nos gènes dansent avec notre conscience", poursuit Dawson Church, "les pensées et les émotions allument et éteignent des ensembles de gènes en relations complexes. La science découvre que même si nous disposons d'un ensemble immuable de gènes dans nos chromosomes, l'activation d'un gène particulier de cet ensemble dépend beaucoup de nos expériences subjectives et de notre manière de les interpréter. Nos émotions et comportements façonnent notre cerveau, car ils stimulent la formation de voies neurales qui renforcent les vieux schémas ou en initient de nouveaux". On trouve ce même écho dans les propos de N.Rapoport-Hubschman qui rapporte les résultats d'une expérimentation traitant de l'influence de la méditation sur la télomérase : "La méditation améliore le bien-être et cette amélioration du bien-être est liée à des modifications de l'activité de la télomérase dans les cellules immunitaires, améliorant de ce fait la santé et la longévité"(9).

Les comportements acquis sont-ils transmissibles à la descendance ? Nous citons N.Zammatteo : "Michael Meaney s'est demandé si l'empreinte des soins maternels dans le cerveau des jeunes rats pouvait se transmettre aux générations futures. Ses études sur les rats ont montré que le comportement maternel influence les étiquettes épigénétiques et que cet effet peut être transmis d'une génération à l'autre… Les petits naissent sensibles au stress car les gènes impliqués dans la réponse au stress sont dotés de groupes méthyle inhibiteurs. Si ces petits sont élevés par une mère détendue et attentionnée, leurs gènes seront moins méthylés, ce qui rend ces animaux plus calmes. Lorsque ces petits deviendront adultes, ils seront eux aussi des parents détendus et attentionnés. En revanche, si les petits sont élevés par une mère craintive et passive, leurs gènes porteront plus d'étiquette «méthyle». Ils deviendront nerveux et seront des parents négligents. Les rats héritent en quelque sorte de certains schémas comportementaux de leur mère et des profils épigénétiques associés"(10). E.Heard se montre réservée sur la question de la transmission, elle déclare : "Quelle est la place, dans les processus évolutifs, des changements épigénétiques sporadiques ou induits par l'environnement qui sont transmis sur plusieurs générations ? La communauté scientifique reste très partagée et une question centrale demeure : les états épigénétiques sont-ils transmis sur un nombre suffisant de générations pour donner prise à la sélection naturelle ?(11).


(1)Science et Champ Akashique. E.Laszlo

(2)http://www.franceinfo.fr/emission/origines/2014-ete/origines-ete-2014-du-27-07-2014-07-27-2014-06-20

(3)Correspondance 1950-1954.C. G. Jung

(4)La sociologie et les sciences de la société. Sous la direction de J. Cazeneuve. Retz

(5)Ma vie. C.G.Jung

(6)L'énergie psychique.C.G.Jung

(7)Essai d'exploration de l'inconscient. C.G.Jung

(8)Le Génie dans vos gènes. Ph.D.Dawson Church

(9)Apprivoiser l'esprit, guérir le corps. N.Rapoport-Hubschman

(10)L'impact des émotions sur l'ADN. N.Zamatteo

(11)Epigénétique et mémoire cellulaire. E.Heard

compteur.js.php?url=jmhaIxwNos4%3D&df=3y