3 CONCEPTS DE LA PNL


Nous avons retenu 3 concepts utilisés par la PNL, auxquels nous avons recours naturellement. Une remarque préalable s'impose bien évidemment, quoique l'on puisse vouloir passer outre, on ne peut installer un nouveau comportement de la même manière qu'on installe un nouveau programme sur un ordinateur.

A tout seigneur tout honneur, le premier concept est la modélisation. Qui, ne serait-ce qu'au cours de son enfance, ne s'est jamais essayé à imiter un modèle? D'autant plus que selon R.Girard : "Il n'y a rien ou presque, dans les comportements humains, qui ne soit appris, et tout apprentissage se ramène à l'imitation. Si les hommes, tout à coup, cessaient d'imiter, toutes les formes culturelles s'évanouiraient"(1). On imite naturellement, et plus ou moins consciemment, ceux dont on se réclame, ceux que l'on a pris pour modèle. Mais la PNL nous parle de "modèles d'excellence", il ne s'agit donc plus de jeux de rôles, ni de héros que l'on tenterait d'imiter, mais de modèles d'excellence définis ainsi par rapport à leur efficacité. R.Bandler indique le choix de la P.N.L : "J’ai choisi le terme modèle délibérément par contraste avec le terme théorie. Un modèle est simplement une description de comment quelque chose fonctionne, sans chercher d’engagement sur le pourquoi cela fonctionne ainsi. Une théorie est chargée d’expliquer pourquoi différents modèles semblent correspondre à la réalité"(2). Il ne s'agit pas bien entendu de renoncer à son identité au profit de celle du modèle mais bien de s'approprier un comportement, voire un état d'esprit, le plus efficace pour la réalisation d'une tâche donnée. R.Bandler écrit : "L'information la plus intéressante que l'on puisse apprendre est la subjectivité d'un autre être humain. Si quelqu'un peut faire quelque chose, nous cherchons à modéliser ce comportement, et nos modèles découlent d'une expérience subjective. «Que fait-elle dans sa tête que je pourrais apprendre à faire?». Je ne peux pas avoir instantanément ses années d'expérience et la parfaite harmonie qui en découle, mais je peux très rapidement obtenir des informations précises sur la structure de ce qu'elle fait"(3). Imiter un modèle pour réaliser au mieux une tâche, c'est aussi le but de tout apprentissage. On apprend à reproduire les gestes les plus efficaces. Chaque rôle social repose sur l'élaboration de modèles, ceux qui se sont avérés les plus adaptés à la situation. A partir de modèles on a aussi élaboré des protocoles d'action pour agir efficacement dans l'urgence. L'imitation d'un modèle serait encore à l'œuvre naturellement dans l'imitation de son propre modèle, celui sur lequel repose l'image du soi social, dans un désir de conformité au rôle social que l'on veut jouer. G.Gusdorf écrit :"C'est pour chacun une obligation morale de se comporter en fonction des déterminations qui lui ont été imposées et des attentes que ces déterminations suscitent de la part d'autrui. Une fois que l'éducation a façonné son personnage selon les normes du milieu, l'individu doit s'imiter lui-même, sous peine d'engendrer chez autrui la surprise et le blâme"(4). Mais plus le modèle que l'on cherche à imiter relève d'un fonctionnement complexe, plus l'élaboration de la modélisation sera ardue. A propos de modélisation de systèmes complexes, J-L Le Moigne écrit : "Les modèles, c'est-à-dire les représentations intelligibles artificielles, symboliques, des situations dans lesquelles nous intervenons : modéliser c'est à la fois identifier et formuler quelques problèmes en construisant des énoncés, et chercher à résoudre ces problèmes en raisonnant par des simulations"(5). La modélisation est inévitablement complexe et soumise à essais et à ajustements. La phase de théorisation nous apparaît comme une étape incontournable du processus de modélisation. Tout apprentissage comporte une phase d'imitation du modèle, par mimétisme, en notant toutefois que "ce modelage intuitif est une acquisition qui s'estompe malheureusement la plupart du temps dans les jours ou les semaines qui suivent"(6); et une phase d'explication de son fonctionnement, par analyse théorique. Autre écueil, à propos des modèles mentaux, P.N.Johnson-Laird écrit : "Les données empiriques montrent que le raisonnement humain n'est pas un processus formel ou syntaxique, mais qu'il relève de la compréhension de significations et de la manipulation de modèles mentaux fondés sur ces significations et sur les connaissances générales. Ces modèles peuvent être construits en percevant ou en imaginant un état de choses. Les détails précis de ces représentations peuvent ne pas être en rapport avec le raisonnement"(7). D'où les difficultés à modéliser une structure. Par ailleurs, comme le rappellent J.de Saint Paul et S.Tenenbaum: "On ne peut modeler que des croyances et des valeurs qui «résonnent» avec celles du sujet…pour qu'une personne puisse apprendre un savoir-faire, il faut que ce dernier soit compatible avec ses valeurs et avec ses croyances"(8). Selon R.Dilts, "la modélisation du comportement a pour objet la création d'une carte, ou modèle, pragmatique de ce comportement qui puisse être utilisé par toute personne motivée pour reproduire ou simuler un aspect de cette performance. Le but du processus de modélisation du comportement est d'identifier les éléments essentiels de pensée et d'action nécessaires à la production de la réponse ou du résultat désiré… Les procédures de modélisation PNL impliquent de découvrir comment le cerveau (« neurone ») opère, en analysant les patterns de langage («linguistique») et la communication non verbale. Les résultats de cette analyse sont ensuite convertis en stratégies ou programmes («programmation») développés étape par étape et qui peuvent être utilisés pour transférer la compétence à d'autres personnes et d'autres domaines d'application… L'objectif du processus de modélisation PNL n'est pas d'aboutir à la description « juste » ou « vraie » du processus de pensée d'une personne spécifique, mais plutôt de dresser une carte instrumentale qui nous permette d'appliquer de manière utile les stratégies que nous avons modélisées. Une «carte instrumentale » nous permet d'agir avec davantage d'efficacité, l’«exactitude» ou la «réalité » de la carte est moins importante que son « utilité ». Ainsi, l'application instrumentale des comportements ou des stratégies cognitives modélisées chez un individu particulier ou un groupe d'individus implique de les formuler selon des structures qui nous permettent de les utiliser dans un but pratique. Ce but peut être semblable ou différent de celui pour lequel le modèle avait initialement employé ses compétences... L'un des principes essentiels de la grammaire générative est que les comportements, les expressions et les réactions tangibles sont des «structures de surface» résultant de ce que des «structures plus profondes» ont été amenées à la réalité. C'est une autre façon de dire que les modèles que nous faisons du monde qui nous entoure à l'aide de notre cerveau et de notre langage ne sont pas le monde lui-même mais des représentations du monde. Une implication importante des principes de la grammaire générative est que tout système de codage comporte dans sa structure et son organisation de multiples niveaux de structures de profondeurs successives. La conséquence significative pour la modélisation, est qu'il peut être nécessaire d'explorer plusieurs niveaux de structure profonde, sous-jacents à une performance particulière, afin de pouvoir en produire un modèle efficace. De plus, des structures de surface différentes peuvent refléter des structures profondes communes. Si l'on veut modéliser avec efficacité, il est souvent important d'examiner un grand nombre d'exemples de structures de surface afin de mieux connaître ou identifier la structure profonde qui les produit"(9). Incontestablement si la modélisation est efficace, elle n'en est pas moins difficile à mettre en œuvre. Sa complexité est croissante selon qu'elle envisage de recouvrir une partie ou la globalité du comportement. R.Dilts indique : "Il importe de garder à l'esprit que les capacités elles-mêmes sont de natures différentes et de différents niveaux de complexité. Certaines compétences et capacités sont, effectivement, constituées d'autres compétences et capacités. La capacité d'« écrire un livre » est faite des capacités liées au vocabulaire, à la grammaire, à l'orthographe de la langue dans laquelle on écrit, aussi bien qu'à la connaissance relative au sujet du livre. Ces capacités sont souvent appelées « T.O.T.E. emboîtés », « sous boucles » ou « sous-compétences », parce qu'elles concernent les découpages plus petits à partir desquels sont construites des compétences plus sophistiquées ou plus complexes. La capacité de «leadership», par exemple, est faite de nombreuses sous-compétences telles que celles qui concernent la communication efficace, l'aptitude à établir le rapport, la résolution de problèmes, la pensée systémique, etc. Ainsi, le processus de modélisation lui-même peut être orienté vers différents niveaux de complexité en rapport avec des compétences et des capacités particulières".

Le second concept est le recadrage. C'est le concept qui nous paraît le plus évident à mettre en œuvre, c'est aussi celui qui ouvre directement sur la multidimensionnalité de la conscience. Nous citons un premier exemple emprunté à Alfred Korzybski :"L'histoire qui suit, extraite de la clandestinité européenne du temps d'Hitler, pourrait peut-être illustrer mon propos. Une grand-mère américaine et sa jeune et séduisante petite-fille étaient, avec un officier roumain et un officier nazi, les seuls occupants d'un compartiment dans un train. Le train traversait un tunnel sombre et la seule chose que l'on entendit fut le bruit d'un baiser sonore suivi d'une gifle vigoureuse. Lorsque le train déboucha du tunnel, personne ne souffla mot, mais la grand-mère se disait en elle-même : «J'ai quand même bien élevé ma petite-fille. Elle saura se débrouiller dans la vie. Je suis fière d'elle.» La petite-fille, quant à elle, se disait: «Allons, grand-mère est assez âgée pour ne pas s'offusquer d'un petit baiser. D'ailleurs ces garçons sont gentils. Tout de même, je ne lui savais pas la main si lourde. » L'officier nazi méditait: « Ces Roumains quand même, comme ils sont rusés. Ils volent un baiser et s'arrangent pour que ce soit le voisin qui reçoive la gifle. » L'officier roumain, lui, contenait mal son hilarité : « Comme je suis malin » pensait-il, « je me suis baisé la main et j'ai flanqué une gifle au nazi. »"(10). A.Cayrol et J.de Saint Paul rapportent un autre exemple de recadrage : "Dans une résidence universitaire souffle un vent de révolte : l'administration a fait vérifier l'identité des visiteurs, ce que les étudiants prennent pour une intrusion abusive dans leur vie privée. Un peu plus tard, la nouvelle se répand qu'au cours de la semaine précédente plusieurs viols ont eu lieu. La vérification cesse alors d'être considérée comme répressive et apparaît protectrice"(6). Comme on le voit, selon la perception de l'événement, le sens qu'on lui donne diffère. Modifier la manière dont on envisage les faits ou les choses, contribue à modifier le sens qu'on leur donne. On pourrait dire comme Epictète, peut-être abusivement si l'on n'adhère pas entièrement au recadrage du stoïcisme: "Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, ce sont les jugements qu'ils portent sur les choses"(11).

Recadrer est le travail naturel du cerveau qui envisage plusieurs solutions au problème posé. On a tous expérimenté la solution qui s'impose à notre esprit de façon limpide au réveil, comme si le sommeil avait permis des recadrages multiples de la situation problématique. Nous rappelons la phrase de S.Balibar, chercheur en physique fondamentale : "Il faut rêver un peu si l’on veut sortir de la vérité établie… L’une des circonstances où je rêve, c’est bien sûr la semi conscience, la nuit, où je me réveille un peu, mais dans cette espèce de situation intermédiaire entre le sommeil et l’éveil"(12). J.Turner et B.Hévin donnent cette définition du recadrage: "Reconsidération d'une situation selon un point de vue différent de celui adopté initialement…(le sujet) attribue ainsi une nouvelle signification à son vécu et transforme son modèle du monde…c'est le sujet qui décide comment il va cadrer ce retour pour en faire sens"(13). R.Bandler développe longuement la question du "point de vue": "Les gens disent souvent : «Vous ne le voyez pas du même point de vue que moi», et parfois ils ont parfaitement raison. Pensez à une dispute que vous avez eue avec une personne et dans laquelle vous étiez certain d'avoir raison. Faites tout d'abord défiler le film de cet incident tel que vous vous le rappelez... Maintenant, prenez exactement le même incident et passez le film, mais regardez par-dessus l'épaule de l'autre personne afin de vous voir pendant que l'incident a lieu. Déroulez le même film du début jusqu'à la fin, en vous plaçant de ce point de vue-là... On parle de «points de vue» depuis des siècles, mais on les considère de manière métaphorique plutôt que littérale. On n'a jamais su donner à quiconque des instructions pour changer son point de vue. Ce que vous venez de faire n'est qu'une possibilité parmi des milliers. Vous pouvez littéralement voir une chose depuis n'importe quel point dans l'espace. Vous pouvez considérer la même dispute de l'extérieur comme un observateur neutre, et vous voir ainsi de la même façon que vous voyez l'autre personne. Vous pouvez observer la dispute du plafond pour dominer la scène, ou du sol pour en avoir une vision rasante. Vous pouvez aussi adopter le point de vue d'un très petit enfant ou celui d'une personne très âgée. Cela devient un peu plus métaphorique, moins spécifique, mais si cela modifie votre expérience de manière utile, ne vous en privez pas. Quand un événement désagréable se produit, certains diront : «Et alors, qui s'en souciera dans cent ans ?»… Une autre phrase fascinante a toujours retenu mon attention. Quand vous traversez un moment difficile, on vous dit souvent : «Plus tard, quand vous regarderez en arrière, vous en rirez». Entre-temps, vous devez faire quelque chose dans votre tête qui, par la suite, rendra risible une expérience désagréable. Combien d'entre vous peuvent regarder en arrière et rire de quelque chose ?... Et est-ce que vous avez tous un souvenir dont vous ne pouvez pas encore rire ?... Comparez ces deux souvenirs pour voir en quoi ils sont différents. Vous voyez-vous dans l'un et pas dans l'autre ? Est-ce que l'un est une diapositive et l'autre un film ? Y a-t-il une différence de couleur, de taille, de luminosité ou de lieu ? Trouvez ce qui est différent, puis essayez de changer l'image déplaisante pour que ce souvenir soit comme celui dont vous pouvez déjà rire. Si celui dont vous pouvez rire est distant, rendez aussi l'autre distant. Si vous vous voyez dans celui dont vous riez, faites en sorte de vous voir dans l'expérience qui est encore déplaisante"(3).

R.Bandler et J.Grinder écrivent : "Le recadrage consiste à dire : «Voyez, il se passe telle chose à l'extérieur et cela suscite telle réponse en vous, donc vous pensez en connaître la signification. Mais si vous y pensez de cette autre manière, alors vous auriez une réponse différente». Etre capable de penser aux choses d'un tas d'autres manières met en place tout un spectre de compréhension. Cependant, aucune de ces manières n'est «vraiment» vraie. Ce sont simplement des déclarations sur la compréhension d'une personne"(14). Selon A.Korzybski "une carte n'est pas le territoire. Les mots ne sont pas les choses qu'ils représentent". "Je crois qu'il est essentiel", conclut-il, "de commencer par une formulation fonctionnelle entièrement neuve, avec ses implications pour une étude de l'homme considéré comme «un organisme-comme-un-tout-dans-un-environnement», y compris nos environnements neuro-sémantiques et neuro-linguistiques en tant qu'environnements"(10). On peut dire à la suite que, à tous les niveaux de la connaissance, notre modèle du monde n'est pas le monde et aucun de ces modèles "n'est vraiment vrai". Il nous paraît intéressant de développer plus encore le concept de recadrage, en liaison avec le point de vue des penseurs de la théorie intégrale. Nous citons K.Wilber : "Une vision intégrale est une vision qui tente d’inclure le corps, l’âme, la raison et l’esprit comme ils apparaissent dans l’individu, la culture et la nature. Une vision qui tente d’être complète, équilibrée, inclusive, holistique et «holonique». Une vision qui inclut la science, l’art et les valeurs ; une vision qui embrasse les disciplines depuis la physique jusqu’à la spiritualité, depuis la biologie jusqu’à l’esthétique, depuis la sociologie jusqu’à la prière contemplative ; une vision qui se manifeste dans une politique intégrale, une médecine intégrale, une vision du commerce intégrale, une psychologie intégrale, une spiritualité intégrale"(15).

Nous aborderons enfin le troisième concept, il s'agit de l'ancrage. On connaît le récit de Marcel Proust :"Mais à l’instant même ou la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi... Je remets en face de lui la saveur encore récente de cette première gorgée et je sens tressaillir en moi quelque chose qui se déplace, voudrait s’élever, quelque chose qu’on aurait désancré, a une grande profondeur ; je ne sais ce que c’est, mais cela monte lentement ; j’éprouve la résistance et j’entends la rumeur des distances traversées"(16). Nous rappelons notre propre texte: "La plupart des sensations éprouvées jadis demeuraient quant à elles intactes, et inopinément, à la faveur de la coïncidence, elles venaient raviver avec une rare intensité les moments de vie auxquels elles étaient rattachées"(17). A.Cayrol et J.de Saint Paulécrivent : "Il s'agit d'un phénomène universel. Au cours de notre histoire, nous accumulons un grand nombre d'expériences que nous pouvons nous remémorer par la suite. Elles sont constituées d'images, de sons, parfois d'une odeur ou d'un goût spécifique"(6). Nous pourrions ajouter que ces expériences sont aussi constituées de comportements et d'émotions que nous nous sommes vus imposés par la situation du moment ou qui nous ont semblé le plus adaptés alors. A.Cayrol et J.de Saint Paul nous donnent un exemple d'ancrage immédiat, au demeurant il s'agit ici d'un ancrage négatif : "C'est ce qui arrive à ce thérapeute qui fait entrer dans son cabinet un homme très soucieux. Il le réconforte en posant chaleureusement la main sur son épaule. A la fin de la séance, le client voit les choses d'un autre œil et se sent beaucoup mieux. Lorsqu'ils se séparent, le thérapeute pose sa main sur… la même épaule. Le client retrouve alors les sensations pénibles qu'il éprouvait une heure auparavant"(6). Nous avons tous fait l’expérience d'une remémoration impromptue à la faveur d'une situation qui se reproduit presque à l’identique ou d'une sensation proche de la sensation originelle, le passé ressurgit inopinément, il s’agit d’une véritable revivance. Ce que l’on croyait oublié, ou enfoui au plus profond de la mémoire, témoigne tout à coup d’une étonnante actualité. Le rappel de cette ancre peut être éminemment positif, comme l'évocation du "jardin secret" en auto-hypnose pour retrouver un état de bien-être et de sécurité, ou bien franchement négatif et le vécu ancré antérieurement vient submerger le ressenti actuel. J.Turner et B.Hévin nous présentent un exemple d'ancrage efficace : "Un conférencier veut s'assurer de garder son fil conducteur pendant sa communication : il peut se faire un auto-ancrage positif de confiance, sens de la répartie, etc. Il choisit la réponse souhaitée et peut prendre comme stimulus ce qu'il verra et entendra normalement dans la salle. Pour évoquer la réponse et l'ancrer, il va retrouver dans ses souvenirs des moments clés où il s'est senti particulièrement en contact avec la confiance en soi, son esprit de répartie, etc., puis il introduira les éléments visuels et auditifs (ce qu'il verra et entendra dans la salle) pour les associer. Ayant quitté ses souvenirs, il peut ensuite tester son ancre, en retrouvant ce qu'il verra et entendra dans la salle, et vérifier qu'il retrouve bien la confiance en soi qu'il y avait associée"(13). A propos du fonctionnement de la mémoire, R.Pfeifer et A.Pitti indiquent : "Il y a toujours une stimulation sensorielle induite par l’interaction entre l’agent et l’environnement, c’est-à-dire qu’il y a toujours un couplage sensorimoteur impliqué dans la mémoire. En ce sens, la mémoire ne peut pas être dissociée de l’action de l’agent et cette interaction fait en quelque sorte partie du mécanisme sous-jacent de la mémoire"(18). Lorsque l'on a par mégarde égaré un objet, il suffit souvent de repasser dans les lieux où l'on était, ou de revisionner en pensée la situation dans laquelle on était alors, pour raviver la mémoire de l'emplacement où l'on a placé l'objet que l'on croyait perdu.Dans l'exemple cité plus haut, le conférencier se place en situation réelle d'intervention, il se voit en train d'agir, ce qui fait bien appel au "couplage sensori-moteur".

R.Bandler et J.Grinder utilisent aussi l'ancrage pour modifier une situation antérieure négative, en réancrant sur celle-ci une expérience positive : "Line, lorsque vous voyez cette image, vous éprouvez des sentiments que vous trouvez désagréables. Je voudrais que vous regardiez cette image encore une fois et que vous déterminiez si elle suscite encore ces mêmes sentiments désagréables. Je voudrais que vous fassiez ce travail très soigneusement. Vous pouvez fermer les yeux et la regarder très attentivement. (Pause. Pendant qu'elle refait l'expérience de ces sentiments, il lui pose la main sur l'épaule droite.) Si vous avez bien observé ses réactions, vous savez qu'elle dit la vérité: elle éprouve des sentiments très désagréables lorsqu'elle voit cette image. Vous avez donc antérieurement vécu une expérience, et tout ne s'est alors pas passé comme l'entendiez; quelque chose a mal tourné. Et si j'ai bien entendu il s'agit là d'une affirmation qui reste au-dessous de la réalité.

Line: Exact. C'est tout à fait vrai.

De temps à autre, une image vous vient à l'esprit et vous la voyez, vous éprouvez le même type de sentiments qu'à la suite de cette expérience. Je veux que vous pensiez maintenant aux ressources dont vous auriez eu besoin pour réagir différemment lorsque vous avez vécu cette expérience, afin d'obtenir une réaction qui vous aurait donné des résultats acceptables… Lorsque je parle de ressources, j'entends un niveau plus élevé de confiance en vous, d'affirmation de soi, de confiance aux autres, de soins chaleureux, ou toute autre réserve «intérieure». Depuis le moment où vous avez vécu cette expérience jusqu'à aujourd'hui, le temps s'est écoulé, j'en ignore la quantité exacte. Par contre durant ce temps, vous avez acquis des ressources humaines dont vous ne disposiez pas à ce moment-là. Je veux que vous en choisissiez une qui vous aurait permis de vivre une expérience fondamentalement différente à ce moment-là… Je veux simplement que vous y pensiez. (Pause. Pendant qu'elle pense à sa ressource, il lui met la main sur l'épaule gauche)"(13). Le réancrage permet de réécrire et d'enrichir ainsi une histoire personnelle pour disposer, comme l'écrivent R.Bandler et J.Grinder, de "plus d'options de choix" : "Toutes vos aptitudes de même que tous les facteurs qui vous limitent proviennent de votre histoire personnelle. Vous avez une seule histoire personnelle; vous avez donc un seul ensemble de facteurs limitatifs. Et nous sommes convaincus que vous méritez d'avoir plusieurs histoires personnelles, plusieurs sources d'inspiration. Plus vous avez d'histoires personnelles, et plus vous avez d'options". Néanmoins ils indiquent les limites du réancrage : "Si les anciennes ancres ont plus de poids que celles que vous avez nouvellement créées, les anciennes l'emporteront sur les nouvelles". On ne peut manquer d'établir un parallèle entre le poids "des histoires personnelles" que soulignent R.Bandler et J.Grinder et la notion de karma désignant le poids des actions passées sur la vie de l'individu.


(1)Des choses cachées depuis la fondation du monde. R.Girard

(2)http://www.nlpnl.eu/nouveau_site/images/coll_psys/...

(3)Un cerveau pour changer. R.Bandler

(4)Lignes de vie. Tome 2, Auto-bio-graphie. G.Gusdorf

(5)La modélisation des systèmes complexes. J-L. Le Moigne

(6)Derrière la magie. A. Cayrol et J. de Saint Paul

(7)Les modèles mentaux. Ouvrage collectif. Masson 1993

(8)L'esprit de la magie. J.de Saint Paul et S.Tenenbaum

(9) institut-repere.com/PROGRAMMATION-NEURO-LINGUISTIQUE-PNL/la-modelisation-robert-dilts.html .

(10)Une carte n'est pas le territoire. A .Korzybski

(11)Entretiens. Epictète

(12)S.Balibar. Physicien, directeur de recherches au CNRS et membre de l'Académie des Sciences.in Les savanturiers France Inter

(13)Le nouveau Dico-PNL. J.Turner et B.Hévin

(14)Le recadrage. R.Bandler et J.Grinder

(15)Une théorie de tout. K. Wilber

(16)Du côté de chez Swann. Marcel Proust

(17)Quelques jours de plus. J-P.Joguet-Laurent

(18)La révolution de l’intelligence et du corps. R.Pfeifer et A.Pitti

(19)Les secrets de la communication. R.Bandler et J.Grinder


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